Rencontres du PRint à La Chapelle Scènes contemporaines

 

Rencontre 1 – JE EST-IL UN AUTRE?

17 novembre 2017
Rencontre animée par Maude B. Lafrance et Émilie Martz-Kuhn

À la lecture du programme de La Chapelle, cette année, une évidence nous a frappés : le nombre de spectacles à la première personne du singulier. « Autobiographique », « autoreprésentation », « soi-même », « personnelle », autant de termes retrouvés dans les descriptifs des formes présentées. Le « JE » traverse donc indéniablement les quatre saisons de notre lieu d’accueil. Pour réfléchir à cette récurrence, nous souhaitons, à plusieurs têtes et à plusieurs mains, nous emparer de la question suivante : « Je » peut-il se penser en termes collectifs et si oui, comment?

Nos invité·e·s

Jean-François Boisvenue a étudié le cinéma au niveau collégial, puis il a complété une formation d’acteur à l’École supérieure de théâtre de l’UQÀM qu’il termine en 2006. Depuis, il a participé à plusieurs productions théâtrales en tant qu’acteur, metteur en scène, auteur, traducteur, concepteur vidéo et lumière ou scénographe. En 2008, il a mis sur pied Laboratoire888 qui a pour but d’explorer la création artistique sous toutes ses formes dont la production de ses films. Il est également membre fondateur de la compagnie Artiste Inconnu avec laquelle il a agi comme conseiller artistique, scénographe et concepteur vidéo pour les productions Peep Show et Héroïne(s) de Nicolas Berzi. À l’Université de Montréal, il a terminé une maîtrise en études allemandes en 2011, et il a commencé une thèse de doctorat en littérature comparée. Il y a un peu plus de deux ans, il est revenu à ses premières amours et s’est lancé dans la réalisation d’une série de courts-métrages autour du thème de l’obsession, ce projet a donné naissance à un long-métrage intitulé Toujours Encore présenté en première mondiale aux Rendez-vous du cinéma québécois en février 2016. Il prépare actuellement un spectacle solo multidisciplinaire sur le thème de l’endettement dont on a pu voir une première étape de travail au OFFTA 2017 ainsi qu’à ZH Festival et qui sera présenté à La Chapelle | Scènes Contemporaines en avril 2018.

Diplômé en interprétation de l’École nationale de théâtre (Montréal) en 2012, Félix-Antoine Boutin fonde, à sa sortie, Création Dans la chambre. Depuis, il a créé plusieurs spectacles en tant qu’auteur et metteur en scène : Petit guide pour disparaître doucement, Un animal (mort), Koalas, Message personnel, Le sacre du printemps (Tout ce que je contiens), Les dévoilements simples (strip-tease), Archipel (150 haïkus avant de mourir encore) et Orphée Karaoké présenté à l’Usine C, au Centre du théâtre d’aujourd’hui et à la Maison Folie de Mons (Ailleurs en Folie Montréal/Québec). En 2015, il met en espace le texte de Mario Batista Ce qu’on attend, Ce qu’on avait déjà pour Actoral et crée, en collaboration avec Sophie Cadieux, Nuits chaudes, présenté au Centre national de Haute Normandie. Sur une suggestion d’Hubert Colas (montévidéo/actOral, Marseille), Félix-Antoine Boutin est en résidence de recherche à L’L (Bruxelles) depuis mars 2015.

 

Rencontre 2 – COPRÉSENCE : LE VIVANT DE L’ART

Récits de spectateurs et d’artistes

11 avril 2018
Rencontre animée par Marie-Christine Lesage et Morena Prats, avec la complicité de Katya Montaignac

Pour son deuxième 5 @ 7 de la saison, le PRint (Pratiques interartistiques & scènes contemporaines) souhaite faire se rencontrer des artistes, des chercheur·e·s et des spectateurs et spectatrices autour de la question de la coprésence. Comment se vit ce lien entre la scène et la salle? Cette coprésence est-elle perçue comme un trait d’union, un fossé, un espace partagé par les spectateurs et les spectatrices et par les des praticien·ne·s en scène?

Basé sur des récits de spectateur·trice·s et d’artistes, ce 5 @ 7 vise à échanger autour de l’expérience de la coprésence afin de questionner plus avant cette dynamique spectateur·trice-artiste; cet espace entre-deux qui émeut ou exaspère et qui, malgré tout, ne se rompt jamais complètement et constitue le vivant le l’art.

Nos invité·e·s praticien·ne·s

Dana Michel est une chorégraphe et une artiste basée à Montréal. Diplômée du programme de BFA en danse contemporaine de l’Université Concordia, elle était auparavant responsable marketing, coureuse de compétition et footballeuse. Récipiendaire d’une bourse danceWEB 2011 (Vienne, Autriche) et actuellement artiste en résidence à l’Usine C (Montréal, Canada), elle a également reçu en 2014 le nouveau prix ImPulstanz en reconnaissance de ses réalisations artistiques exceptionnelles et en juin 2017, le Lion d’argent pour l’innovation en danse de la Biennale de Venise (Italie). Yellow Towel, créé en 2013, a été présenté dans le « Top Five » et le « Top Ten » 2013 des publications Voir (Montréal) et Dance Current Magazine (Canada) respectivement. Mise en valeur par le New York Times parmi les chorégraphes féminines de l’année, elle poursuit ses créations avec Mercurial George, son tout dernier solo acclamé par la critique, présenté en première au Festival TransAmériques (Montréal) en juin 2016.

Depuis 2006, Brice Noeser évolue parallèlement comme interprète et comme chorégraphe. À la suite de sa formation de l’École de danse de Québec, Brice a dansé au sein de divers projets d’artistes indépendant·e·s et de compagnies, notamment avec les chorégraphes Alan Lake, Maryse Damecour, Harold Rhéaume, Estelle Clareton, Danièle Desnoyers et récemment avec Peter Quantz pour la compagnie Montréal Danse. Comme chorégraphe, il crée et présente ses créations grâce aux soutiens récurrents des instances fédérale, provinciale et municipale. Les contextes de diffusions et commandes sont variés : Tangente, La Rotonde, La Chapelle, neuf salles des Maisons de la culture, le Musée de la civilisation, Gas Station Theater de Winnipeg et les festivals OFFTA, Vue sur la relève, Transatlantique. En 2016 et 2017, Brice participe à des plateformes de recherche chorégraphique avec Lynda Gaudreau et la compagnie Montréal Danse. Récemment, il crée le duo Ruminant Ruminant pour des diffusions à Québec, à Montréal et au Mexique. Son travail explore divers principes de contraintes que la pensée exerce sur le mouvement et les rapports entre la langue et le corps.

Évoluant dans le milieu de la danse depuis les années 1970, Benoît Lachambre s’initie en 1985 au releasing dont l’approche kinesthésique du mouvement et la part d’improvisation vinrent fortement imprégner son travail de composition chorégraphique. Il s’investit alors totalement dans une approche exploratoire du mouvement et de ses sources dans l’idée de retrouver l’authenticité du geste. Sa démarche s’appuie fondamentalement sur un travail en acuité avec les sens où lier l’artistique et le somatique devient une nécessité. En 1996, il fonde à Montréal sa propre compagnie, Par B.L.eux, « B.L. » étant ses initiales et « eux » pour les artistes créateurs avec lesquels il s’associe et qui deviennent peu à peu centraux dans son cheminement artistique. Artiste/chorégraphe/interprète/enseignant majeur de sa génération, Benoît Lachambre a créé 19 œuvres depuis la fondation de Par B.L.eux, a participé à plus de 20 productions extérieures et a reçu 25 commandes chorégraphiques en plus d’enseigner dans plus de 15 pays.

Fondé par Anne-Marie Guilmaine, Claudine Robillard et Jonathan Nadeau en 2006, Système Kangourou est une compagnie de création et de production de spectacles et d’évènements interdisciplinaires. Guidées par le désir d’injecter à la pratique théâtrale des éléments de l’art de la performance et de la sociologie, les deux codirectrices artistiques, Claudine Robillard et Anne-Marie Guilmaine, travaillent le réel à même le plateau ou le bousculent artistiquement dans les espaces publics et les contextes in situ. Elles tentent de défricher de nouvelles avenues sur le plan formel et thématique. Elles prennent le pouls de leur génération et de la population en général pour créer un théâtre résolument contemporain fondé sur l’action, la prise de parole directe et la présence entière et authentique des performeurs. Onzième projet de la compagnie, Non Finito, créé au Théâtre Aux Écuries en avril 2017, a reçu un accueil très enthousiaste tant du public que des critiques.

Formée au département de danse de l’université de Paris 8, Katya Montaignac crée depuis 1998 des « objets dansants non identifiés ». Membre de La 2e Porte à gauche depuis 2006, elle collabore à l’ensemble de ses productions dont elle signe régulièrement la direction artistique (Blind date; le pARTy ; Danse à 10; Rendez-vous à l’hôtel; Pluton…). Docteure en études et pratiques des arts, elle soigne les maux des chorégraphes en œuvrant en tant que dramaturge (notamment auprès de Frédérick Gravel, Marie Béland, Milan Gervais et Nicolas Cantin). Chargée de cours pour le département de danse de l’UQAM, elle donne également des formations pour le Regroupement québécois de la danse (regardsurladanse.blogspot.ca). Elle collabore à la revue JEU depuis 2004 et fut commissaire en danse pour le OFFTA pendant 7 ans. Elle est auteure d’un livre sur Joséphine Baker et co-auteure d’un ouvrage sur la compagnie Danse-Cité.

Spectateur·trice·s invité·e·s

Christophe Huynh
Genevieve Malbeuf
Jacinthe Thibodeau

 

Rencontre 3 – F A I L L E, R A T A G E, É C H E C

28 février 2018
En collaboration avec la revue aparté | arts vivants
Rencontre animée par Daphné Deschâtelets Hamel, Lola Tillard et Jonathan Girard

Le PRint s’allie avec la revue aparté pour ce dernier 5@7 de la saison au Théâtre La Chapelle et vous convie à venir dialoguer avec nos invité.e.s autour des questions de la faille, du ratage et de l’échec dans les arts de la scène.
Dans le contexte d’une économie du spectacle valorisant l’efficacité et la réussite, quelle place est accordée aux errances de la création, aux défaillances de processus, à ce qui échoue, rate sa cible, sachant que ces aléas sont constitutifs de tout processus créateur? Aujourd’hui, quelles valeurs sous-tendent cet impératif de la réussite d’un spectacle? Comment l’artiste se positionne-t-il face à cette exigence? Et si certains artistes faisaient de la faille et du ratage une prise de position esthétique, un lieu de résistance? Dans quelle mesure nous invitent-ils à repenser notre rapport à la performance prise au double sens de création et de rendement? Il s’agira donc d’envisager les questions sous les angles des processus créateurs, des formes scéniques, de la critique, de la diffusion et du point de vue des spectateurs·trices.

Nos invité·e·s praticien·ne·s

Critique, dramaturge et conseillère artistique au Festival TransAmériques depuis mai 2014, Jessie Mill est aussi membre du comité de rédaction de Liberté. Au FTA, elle est notamment en charge de la section Terrains de jeu, qui propose des activités de réflexions et de rencontres autour de différentes thématiques qui questionnent la pratique des arts vivants.

Olivier Bertrand est à la barre de la direction artistique de La Chapelle depuis 2015. Il a par ailleurs aussi œuvré à la programmation de la Scène nationale de Dieppe, du Théâtre de la Bastille et ainsi qu’au Théâtre de la Cité internationale à Paris.
Entrevue avec La Fabrique culturelle

Metteure en scène et comédienne, Edith Patenaude a cofondé la compagnie Les Écornifleuses, basée à Québec, qui est active dans la milieu théâtrale depuis 2006. Son geste artistique, qui propose des spectacles aussi bien à Montréal qu’à Québec, se veut engagé et ancré dans le risque.
Entrevue dans La Presse

Olivier Choinière est auteur, metteur en scène et directeur artistique de la compagnie théâtrale L’Activité, qu’il fonde en 2000. Ses créations se sont values de nombreux prix et se démarquent par un questionnement et un renouvellement de la forme.

Spectateur invité

Christophe Huynh, Ph.D. en Sciences biomédicales (Sciences psychiatriques) et spectateur assidu.
Spectateur amateur qui fréquente assidûment le scènes de la création contemporaine en arts vivants.