Micropoïétique/ Micropolitique

Souvent longs et complexes, les processus de création interartistiques déploient des façons divergentes de penser à la fois la scène actuelle et le rôle social accordé au théâtre, et plus largement aux arts vivants, dans l’écosystème culturel et politique qui est le sien. Ces gestes artistiques participent à la reconfiguration des scènes théâtrales contemporaines et contribuent au développement de modèles innovants et alternatifs de création, lesquels sont susceptibles d’avoir à terme un impact sur les modes de production institutionnels.

Au cœur de ces manières de faire, réside une micropolitique des processus et modèles de création. La micropolitique agit au niveau moléculaire et non au niveau de la représentation, elle a trait à un « agencement collectif » qui ne correspond pas à une « entité sociale prédéterminée » (Guattari, 2007). Elle se construit, selon Nicolas Le Strat, sous la forme de « coopérations et d’alliances d’acteurs, par l’exploration de nouveaux agencements de vie (partage, rencontre), grâce à la coexistence de multiples singularités. » (2015) Dans le contexte des arts vivants, elle s’observe dans le développement de milieux de création qui remettent en question, brassent et redynamisent la culture institutionnelle. La logique d’action de ces créateurs relève de ce qu’on pourrait nommer un art interstitiel, dont les modes de fonctionnement sont davantage transversaux.

Le PRint s’intéresse aux pratiques, processus, pensées et savoirs qui innervent le travail de ces artistes, car leurs manières de faire sont porteuses de nouveaux modèles de coopération.

Ethos artistique

L’ethos artistique permet de nommer un interstice au sein duquel se loge la négociation constante entre les aspirations des acteurs sociaux et les conditions que leur offre la réalité du terrain. Cet espace de négociation, qui met en valeur les motifs de l’action à partir d’une perspective éthique et leur mise en pratique, permet de prendre en compte l’articulation entre le social, le politique, le culturel (les valeurs symboliques et collectives) et l’affectif dans l’engagement pratique (Rémy, Voyé et Servias, 1980). L’ethos donne l’occasion d’observer, de comprendre et d’interroger les valeurs en jeu au cœur des pratiques interdisciplinaires.